30 Jours de Nuit : On ose enfin envoyer paître Anne Rice a Hollywood !

30 jours de nuit.

2008. NZ-USA

Titre Original : 30 days of Night

real. : David Slade

Int : Josh Hartnett, Melissa George,

Danny Huston

Dans un patelin paumé de l’Alaska (du Nord), les habitants se préparent a une nuit de trente jours, moment choisi par une horde de vampires pour décimer en règle la petite bourgade. Une poignée de survivants organise la résistance menés par le sheriff du coin (Josh Hartnett).
30 Jours de Nuit est l’adaptation de la « graphic novel » de Steve Niles parue en 2002.

Passé relativement inaperçu lors de sa sortie en salle, boudé par des critiques élitistes, qui , bien que conquises par le « cachet » du film, ne s’abaissèrent pas a encenser un film d’un genre pas suffisament « noble », 30 jours de nuit est une petite merveille, ne se bornant pas au simple hommage aux survivals eighties enneigés, notamment The Thing de Carpenter, dont l’ombre plane constamment sur la pellicule, il ressort les canons du survival et du film de vampire tout en les transcendant pour arriver a une oeuvre extremement personnelle sans être masturbatoire pour un sou. Car si le scénario, plutôt bateau, ne se targue pas de revolutionner quoi que ce soit, la mise en scène, elle, cueille littéralement le spectateur, prenant ses attentes a revers pour lui assener en pleine gueule des scènes haletantes et terriblement efficaces. Le mythe du vampire engrangé par tout un pan de la sous-littérature merdique type Anne Rice et consorts est ici balancé aux oubliettes, laissant place a des créatures féroces et sans la moindre retenue, sans ambiguité dans les traits, nous montrant donc une bataille rangée entre deux camps bien distincts. (Parce que sans rire, vous les vampires métrosexuels 18eme qui sirotent leur absinthe tout en récitant des poèmes a leurs victimes, ça vous fait encore bander?)

30 jours de nuit revient a un survival brut, avec pour tapis, une neige oppressante que la splendide scène de l’assaut des vampires tachera de sang dans de magnifiques travellings en plongée verticale traversant la ville d’un bout a l’autre et montrant la population se faire decimer en règle pour ne laisser plus que la poignée de survivants emmenés par Josh Hartnett et entrant ainsi dans le genre auquel David Slade rend si brillament ses lettres d’honneur apres les dizaines d’étrons intemporels que nous ont fournis tous les yes-men les moins talentueux d’Hollywood ces dernières années.
On regrettera cependant le jeu de Josh Hartnett, plus inexpressif que jamais, et la scène finale particulièrement kitschos que l’on redoute toujours a la fin d’un survival. On en tiendra cependant pas grief a David Slade, qui en 1h30, nous aura redoré le blason du genre qui tirait légérement la tronche ces dernières années, pardonnez l’euphémisme !

Julian.C

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