Juno : toi aussi reste fraîche et cool tout en étant enceinte a 17 ans !

Juno.

2008. Canada-E-U

réal : Jason Reitam

Int : Ellen Page, Jennifer Garner,

J.K Simmons

Fox Searchlight, l’arnaque Hollywoodienne la plus vicieuse de notre désastreuse époque cinématographique. Car oui, Hollywood se met a « l’indie », terme hypocrite et putassier au possible. Sous couvert de divisions specialisées (Fox Atomic, Paramount Vantage, Fox Searchlight), et au milieu de nombre d’étrons filmiques, quelques réalisations honnetes ont pu voir le jour ces dernières années, on pense notamment au multi-awardé Little Miss Sunshine ou encore au remake de La Colline a des Yeux de Wes Craven par notre Alexandre Aja national.

Mais avec Juno, on touche le fond d’une morale qui aurait sérieusement du rester planquée chez l’Oncle Sam. Pamphlet anti-avortement dégueulasse faisant glisser son prosélytisme a grands coups de jeunisme diégétique, cette immondice sans nom, réalisée par le pas talentueux du tout Jason Reitman (oui, le fils, responsable de l’affligeant Thank You For Smoking et du court métrage christiano-jeune In God We Trust) nous dépeint la grossesse non desirée de Juno, campée par la minouchquette Ellen Page qui nous fait franchement regretter Hard Candy.

Juno donc, dégaine nonchalante de jeune « alternative », pas méchante pour une caouette et au flux constant de répliques fendardes mais pas crédible une demi-seconde, engrossée par son boyfriend (preuve que oui, dans les films de chez Searchlight, tu peux etre moche et troncher l’héroïne) se rend au planning familial, paniquée comme pas deux a l’idée de se faire avorter.

D’un point de vue purement chromatique, notre heroïne quitte la rue ensoleillée et pleine de couleurs made in USA pour s’engouffrer dans un planning familial gris et glauque, oui même un daltonien aura constaté le changement de filtre. A l’accueil, une teenage gothique, apparemment droguée, syphilitique et nevrosée lui tend un formulaire que la miss devra remplir dans la salle d’attente entre deux prostituées au fond de teint fatigué et au string terne. Prise de panique a l’idée d’ajouter son nom a la blacklist des ados avortées, celles qui se vendent, se droguent et ne vont probablement meme pas a la messe , Juno s’enfuit a grandes enjambées vers le reste du film qui nous livrera une apologie dégoulinante du bonheur de la grossesse et de la sainte benédiction d’être mere. Juno offre a Vanessa Loring, une bourgeoise stérile et désireuse d’adopter (Jennifer Garner, on ne rit pas au fond) la possiblilité d’adopter son enfant a la naissance. Je passerai sur le mélodrame qui se jouera au sein de la famille Loring, abyssalement denué d’interet.

Bref, sous des dehors jeunes, indépendant, et totalement cool, Juno n’est au final rien de moins qu’une sournoiserie Pro-Vie, qui achèvera de prouver a la jeunesse américaine que oui, on peut rester jeune, belle et in lorsqu’on est mère a 17 ans et qu’on a refusé cette satanisterie d’avortement

Julian.C

3 Réponses vers “Juno : toi aussi reste fraîche et cool tout en étant enceinte a 17 ans !”

  1. Excusé-moi..je suis Irlandaise mais je sais un peu de la langue francais alors…J’espére que j’ai compris votre article mais je crois que vous n’aimez pas beaucoup cette film?!! Pour moi, je n’aime pas de tout Juno; j’ai trouvé que ‘Juno’ est une film typique déguisée comme un ‘indie movie’. J’aime beaucoup ‘Little Miss Sunshine’ et je crois que Hollywood voulait une autre film comme ca. Mais Juno (la fille et le film) est désagréable. Et ce n’est pas un film amusant; elle dit des chose stupides et trés évidents! Phew! Je dois pratiquer mon Francais…merci pour l’occasion! Et j’aime votre site!

  2. Moi je suis français, je parle bien français et j’aime déjà ce blog.

    J’ai l’impression d’entendre parler mon meilleur ami (ahahah)

  3. J’aime bcp ton blog…

    Pour ma part, j’ai vraiment bien aimé Juno;

    je comprends ta critique vis-à-vis de l’avortement, mais je ne le considère pas comme un film de propagande à proprement parler: même si la grossesse de Juno est le thème clé du film, il apparaît en toile de fond du fait que Reitman met l’accent sur l’approche burlesque qui rythme et dirige réellement toutes les séquences. Il m’intéresse donc à ce point de vue; on se laisse bercer par cette approche distanciée et burlesque (le spectateur y est convié d’entrée de jeu, notamment avec le générique). Il n’est pas à prendre à la lettre; l’attention se porte plutôt à mon sens sur la forme “romancée” et légère du film, qui séduit davantage que le sujet exploité.

    Maintenant libre à chacun d’aimer ce style burlesque :-)

    (Et j’ai préféré Juno à thank you for smoking…)

    bonne continuation à toi!

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