La 25ème Heure – Crépuscule sur New York

année de sortie : 2002
réal : Spike Lee
directeur photo : Rodrigo Prieto
score : Terence Blanchard
int : Edward Norton, Phillip Seymour Hoffman, Rosario Dawson, Barry Pepper.

Alors là mes amis, il est rare que je dégouline tant d’amour sur un film mais c’est l’uppercut qui vous brise toutes les dents, le film qui vous fait maudire les enfoirés de votre entourage élevant leur merdes cinématographiques favorites au rang de meilleur film du monde de ne pas vous l’avoir conseillé plus tôt, qui vous fait vous haïr de ne pas être tombé dessus avant. BREF, UN FUCKIN’ SPIKE LEE JOINT !

Ci dessous, pourquoi Spike Lee est Woody Allen

Monty Brogan (Edward Norton), trafiquant de drogue à la petite semaine est arreté et condamné à 7 ans d’incarcération. Le film relate les 24 dernières heures de sa liberté.
Spike Lee déclare avec La 25ème Heure (titre d’exploitation ciné, avant de sortir en DVD sous le minable nom 24 Heures avant la nuit ) sa flamme a son New York natal, déclaration déjà entamée dans le brûlant et brillant Summer of Sam en 2000.
Entre ces deux bandes, les attentats du WTC ont poussé Mr.Lee a repenser sa vision de la ville, là ou il la dépeignait comme un fantasme punk poisseux ancré dans les années cinquante dans Summer Of Sam, New York est içi irrémédiablement plaquée à son époque, silencieuse et diverse, notamment dans le celèbre monologue dans lequel Norton vomit sa haine a la ville entière, ethnie par ethnie, quartier par quartier, avant de retourner ses injures contre lui, rendant son personnage seul responsable de son sort.

Au fil des heures le séparant de son incarcération, les meilleurs amis de Brogan (remarquablement campés par Phillip Seymour Hoffman et Barry Pepper) ainsi que sa compagne Naturelle (Rosario Dawson IRL) remettront en question leur rapport aux autres et à eux mêmes. Le temps d’une nuit, les personnages refuseront leurs statut d’archétypes, et trouveront leur humanité dans leur rapport a un seul homme et au vide qu’engendrera sa disparition.

La photo somptueuse de Rodrigo Prieto (21 Grammes, Brokeback Mountain) et le score flamboyant de Terence Blanchard, grand allié de Spike Lee, rendent justice a un New York crépusculaire parcouru par Brogan, antihéros fantômatique, qui, comme ses amis, trouvera sa route au matin levant. On a rarement vu une ville représentée avec tant de personnalité depuis Manhattan de Woody Allen. Spike Lee découpe clairement ses saynètes dans des lieux icôniques et emblématiques de ses protagonistes auxquels il voue un amour sincère (Pub irlandais, Boite de nuit saturée de couleurs, l’Upper East Side…)

Spike Lee nous livre avec La 25ème Heure un état des lieux d’un New York post-11 Septembre, imprégnant des personnages livides dont la recherche de la consistance ira croissance jusqu’à un final onirique qui m’aura quand même arraché une putain de larme. (trop élogieux ce post, fallait bien que je case une insulte la dedans…)

Julian.C

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